Projet en construction 

 J’ai fait la découverte, il y a quelques années, du petit recueil Le Lait des rêves, écrit et dessiné par l’artiste Léonora Carrington pour ses enfants. Il s’agit d’un carnet de notes, dans lequel se mêlent textes, croquis et illustrations. Je ne pense pas que ce recueil a été écrit par Léonora dans l’intention d’être publié. Il est composé d’histoires très courtes, drôles, étranges et très poétiques. Parfois, c’est juste une phrase, quelques dessins rapides, et quelques mots en commentaire. Parfois, ça semble n’avoir ni queue ni tête, parfois, ça a huit jambes et trois bouches.

La découverte du Lait des rêves fait puissamment écho à mes propres projections et intuitions. Très vite, ce carnet s’impose comme un matériau de départ pouvant donner forme à mon envie de renouer avec une logique propre à l’enfance, où le pouvoir de la transformation et de l’imagination pour devenir autre que soi l’emporte sur tout. Des dessins, des chansons, des personnages commencent à naître et à constituer une forme que je qualifierais de spectacle musical, à mi-chemin entre l’opéra et le théâtre. Autant par sa forme que par son propos, il s’amusera à bousculer et se jouer du réel établi. À s’immerger dans ce regard de l’enfance. Celui où le magique n’est pas encore exclu. Où l’incohérence et le bizarre viennent du monde des adultes, pas de celui des enfants. Où plusieurs réalités peuvent cohabiter.
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