Depuis 2018, la compagnie Chien Mange Chien a pour vocation de créer et produire des spectacles vivants originaux dont la singularité est d’accorder une place fondamentale à l’acte scénographique.
Établie en milieu rural, dans l’Allier, notre compagnie cherche à diffuser ses créations dans des lieux qui ne sont pas uniquement dédiés au théâtre, et ce dans une volonté politique d’affirmer un théâtre qui soit populaire tout en cherchant à être artistiquement exigeant. Dans le but de s’implanter au-delà des théâtres, nos spectacles sont conçus pour être autonomes techniquement et adaptables aux différents lieux qui ne sont pas forcément équipés d’infrastructures.
Nous considérons les enjeux politiques liés à la représentation comme fondamentaux. Nous pensons un théâtre qui questionne la place du spectateur, en l’accueillant à l’intérieur d’espaces scénographiques immersifs. Notre travail consiste ainsi à réunir des communautés de spectateurs dans des espaces de pensées par le biais d'actes imaginaires.
Nous cherchons ainsi à créer des univers forts qui jouent sur les ressentis, à travers la musique, le son, les images, nous cherchons à toucher nos hôtes, au-delà de leurs références culturelles. Sans amoindrir la langue, ni le cheminement de la pensée, nous cherchons à ouvrir les portes de nos imaginaires.
Le théâtre est un prétexte à la rencontre. Si nous organisons des événements, c'est dans l'intention que des personnes issus de milieux sociaux différents se réunissent, se rencontrent, échangent et (se) partagent, in fine, un petit bout de réel.
Le souffle de Chien Mange Chien est poétique, son geste de création est artisanal, notre théâtre se fabrique au gré de nos élans vitaux.
« Le Collectif Chien Mange Chien, c'est la décision folle et hasardeuse de quitter les grands axes pour les sentiers bordés d'arbres âgés. C'est un souhait fou, sur les hauts vents. Le pied qui s'engouffre dans le vide et rate la dernière marche dans le noir, en suspension, l'endroit d'étonnement où tout pourrait advenir, la chute, la crise, l'ailleurs. C'est peu de certi- tudes, beaucoup de brumes, les soleils tard la nuit et la rosée au matin. C'est une fenêtre tracée à la craie sur un mur, un peut-être, un sûrement, un terrain vague rempli de nos rumeurs fantômes. Le collectif ChienMangeChien, c'est un debout ailleurs qui tremble encore. En épopée des chemins de travers, c'est décider d'aller, sans carte, sans boussole, à la lueur d'une vieille ourse, protégés d'un k-way et chaussés de basket, le cœur empli de joie. »